Les informations disponibles dans cette page

  1. Pourquoi promouvoir l’activité physique pour la santé ?
  2. Quels sont les effets de l’activité physique sur la santé ?
  3. Sport ou activité physique ?
  4. Sport pour tous ? Mais pas n’importe comment !

Pourquoi promouvoir l’activité physique pour la santé ?

13 millions de malades chroniques [1] , 21 millions de Français obèses ou en surpoids [2]…  dans une société où les pathologies liées au manque d’activité physique sont en croissance, sa promotion est un sujet au cœur des préoccupations actuelles de santé publique. Efficace pour prévenir la survenue des principales maladies chroniques et facteurs de risque cardiovasculaires (diabète, hypertension, obésité, BPCO, ostéoporose, certains cancers, etc.), l’activité physique démontre également tout son intérêt dans la prise en charge de ces maladies.

L’activité physique évolue en même temps que la société. Elle diminue dans les activités professionnelles (travail sédentaire), dans les déplacements de la vie quotidienne motorisés, et dans les loisirs (télévision, internet, jeux vidéo). La sédentarité est devenue la première cause de mortalité dans le monde, parmi les maladies non transmissibles. Au développement de ces maladies liées aux modes  de vie, s’ajoute le vieillissement de la population.

Vivre plus longtemps, c’est aussi vivre plus longtemps autonome et en bonne santé. Pour prévenir la perte d’autonomie, l’activité physique est là aussi déterminante tant au niveau de la mobilité, que de la physiologie, du  mental ou du lien social.

Selon des études, l’activité physique et sportive permettrait de réduire :

-     de 33 % les accidents vasculaires cérébraux,

-     de 12 % l’hypertension,

-     de 12 à 35 %  le diabète [3],

-     de 40 % à 50 % pour le cancer du côlon[4],

-     de 30 % pour le cancer de l’endomètre[5] et celui de la prostate[6],

-     de 25 % pour le cancer du sein[7].

« En France, si les 37 millions de personnes sédentaires pratiquaient une activité physique adaptée, l’économie réalisée serait de 10 milliards d’euros et de 500 millions d’euros si ce changement de comportement ne concernait que 5 % de cette population » (Source : d’après la Commission « Prévention, sport, santé » du Ministère de la Santé et des Sports, avril 2008)

Pour notre système de santé, la promotion de l’activité physique, et du sport, pour le plus grand nombre, à tous les âges de la vie, apparaît donc comme une chance majeure.



[1] Ministère de la santé, direction générale de l’Offre de soins -2010

[2] Etude Obépi (adultes de + de 18 ans) – 2012

[3] Organisation Mondiale de la Santé – 2002

[4] Samad AK, et al. A meta-analysis of the association of physical activity with reduced risk of colorectal cancer. Colorectal Dis. 2005;7(3):204-13

[5] Moore SC, et al. Physical activity, sedentary behaviours, and the prevention of endometrial cancer. Br J Cancer. 2010;103(7):933-8

[6] Kenfield SA, et al. Smoking and prostate cancer survival and recurrence. JAMA 2011;305:2548-55)

[7] Lynch BM, et al. Physical activity and breast cancer prevention. Recent Results Cancer Res. 2011;186:13-42

Quels sont les effets de l’activité physique sur la santé ?

Les bénéfices des activités physiques sur la santé ont été démontrés par de nombreuses études [1]. Ils se retrouvent à différents niveaux :

  • Action sur les facteurs d’apparition des pathologies.
  • Amélioration des symptômes des pathologies et réduction du risque d’aggravation,
  • Amélioration de la condition physique.
  • Amélioration de la qualité de vie.

Ces effets s’expliquent en partie par le fait que, dans la plupart des pathologies chroniques, une corrélation très nette a été établie entre risque de survenue (ou l'aggravation) de la pathologie, sédentarité et taux de masse grasse élevé. A l’inverse, l’activité physique, en développant le muscle, déclenche une activité endocrine protectrice.



[1] INSERM, expertise collective « activité physique : contexte et effets sur la santé », mars 2012

Sport ou activité physique ?

Jusqu’à récemment, dans un objectif de santé, activité physique et sport ont souvent été opposés, sous prétexte que ce dernier ne serait pas accessible à tous et cause du risque de blessures. Les tenants  de cette approche rappellent volontiers que si l’activité physique se définit comme « tout mouvement du corps produit par les muscles et qui entraîne une dépense d’énergie au-dessus de la dépense de repos, l’activité physique ne saurait se limiter à la pratique sportive ». Cette assertion ne peut être remise en cause, mais elle appelle certaines remarques.

  • En matière de dépense énergétique pour la santé, pour rompre avec la néfaste sédentarité, tout compte… y compris le sport. En effet, l’activité physique est en jeu dans tous les moments du quotidien, au domicile, dans les déplacements, sur le lieu de travail ou dans les loisirs, en marchant, montant les escaliers, courant, pédalant, nageant, tirant, poussant, forçant, s‘agitant, etc. bref en bougeant. C’est sur ce constat que se sont construites les recommandations générales qui incitent à bouger « 30 minutes chaque jour». Si ces recommandations sont exactes d’un point de vue épidémiologique, et sûrement efficaces au niveau global (si toute la planète bougeait, il y aurait moins de maladies de la sédentarité), elles n’en demeurent pas moins limitées dès lors qu’il s’agit d’améliorer la santé à l’échelle d’un individu avec ses propres déterminants.
  • C’est pour cette raison que le sport a une place de choix dans la promotion de l’activité physique pour la santé. Si l’activité physique est le « médicament » (ou thérapeutique non médicamenteuse validée) que décrivent les études scientifiques, alors elle doit être prescrite avec la même précision qu’une gélule. Il existe un effet dose / réponse et une posologie précise qui fait que l’activité physique produit ses pleins effets sur la santé. Il faut tenir compte de la spécificité de l’individu (âge, poids, sexe, profil de santé, modes de vie, capacités physiques, etc.)… Comme tout traitement, l’activité physique demande une personnalisation qui passe par un bilan initial et une prescription ciblée. Or, aujourd’hui, ce sont les approches utilisées  dans les sciences et techniques du sport du sport, en matière d’évaluation de la condition physique, de préparation physique et d’accompagnement éducatif qui permettent cette individualisation.
  • Enfin, quand il faut inciter quelqu’un à reprendre une activité physique, s’appuyer sur son éventuel passé sportif constitue souvent un levier, à la fois motivationnel et technique, pour favoriser une reprise régulière et adaptée.

Sport Santé pour tous ? Mais pas n’importe comment !

Bougez, bougez, il en restera toujours quelque chose… C’est vrai, et ce quelque chose n’est pas négligeable : les premiers effets directement appréciables de l’activité physique sont son action sur  la santé mentale (« bien dans sa tête ») et la santé sociale (« bien avec les autres »). Mais pour ce qui concerne les effets physiologiques (le « bien dans son corps » mais surtout le « bien pour son corps »), comment être aussi catégorique sur les effets du bouger ? Comment se mesure cette efficacité  quand il s’agit d’améliorer les symptômes d’une maladie chez un patient ou bien encore ses paramètres de condition physique ? Cela nécessite une prise en charge coordonnée entre professionnels de santé et professionnels des sciences et techniques des activités physiques et sportives. Les premiers sauront se charger de définir les spécificités médicales liées à la pratique, d'informer sur les règles à respecter, et enfin d’assurer le suivi du patient. Les seconds sauront évaluer ses aptitudes, programmer un plan d’exercices physiques dans un objectif de progrès mesurables, et l’accompagner vers une pratique autonome d’activité physique,  et sportive, adaptée.

Instaurer une distinction entre sport et activité physique n’est plus d’actualité. Ce sont les échanges entre le monde de la santé et celui du sport qui permettront, à tous les niveaux de la société, de l’enfance au grand âge, de mettre en place une vraie promotion des activités physiques et sportives pour la santé. Des initiatives comme la convention signée entre les Doyens des Facultés de médecine et les Doyens des Facultés de STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives), pour favoriser les  partages de compétences et les complémentarités, ou bien encore le travail du CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français) qui élabore , avec les commissions médicales des fédérations sportives, un guide des pratiques sportives pour la santé, vont dans ce sens.

La nouvelle loi de santé, avec son Décret n° 2016-1990 du 30 décembre 2016 relatif aux conditions de dispensation de l'activité physique adaptée prescrite par le médecin traitant à des patients atteints d'une affection de longue durée », prévoit que : « Dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une maladie de longue durée, le médecin traitant peut prescrire une activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical du patient ». Elle pose les enjeux de la formation  des médecins (indications, évaluation, prescription, suivi) et ceux de la labellisation de la prise en charge par une activité physique thérapeutique adaptée (parcours, équipes, procédures et plateau technique, etc.). Cette prescription ne sera sûre et efficace pour les patients que dans la mesure où les professsionnels de santé et du sport pourront travailler de façon coordonnée, sur la base de connaissances partagées.